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L'agenda

  • La Préhistoire en sons et images. Le connu, l’inconnu et l’imaginaire. Rencontre annuelle de la Société préhistorique française

    Auditorium du Musée d'Archéologie Nationale 1 Pl. Charles de Gaulle, Saint-Germain-en-Laye, France
    Colloque

    La Préhistoire en sons et images. Le connu, l'inconnu et l'imaginaire. Rencontre annuelle de la Société préhistorique française
    Les sociétés humaines se sont toutes dotées de récits concernant leurs origines. Les objets matériels, par leur caractère visible et tangible, occupent une place particulièrement importante dans ces récits. Au XIXe siècle, le développement de l’archéologie scientifique dans les sociétés occidentales a profondément modifié notre rapport à ces objets du « passé » dont l’ancienneté s’était subitement révélée bien plus profonde. Cette archéologie scientifique appliquée à la Préhistoire n’a, depuis, cessé de maintenir deux tensions, particulièrement difficiles à communiquer au reste de la société. Premièrement, la dissonance entre l’évidence des objets préhistoriques et leur datation, s’étendant sur des échelles de temps que l’on peine à se figurer. Deuxièmement, la production de discours visant le vrai, tout en assumant non seulement leur nature fragmentaire, limitée et parfois défaillante, mais aussi leur perpétuelle remise en question par la démarche scientifique. Ainsi, les récits produits par l’archéologie préhistorique peinent à rivaliser avec les formes de discours mythiques, théologiques ou littéraires sur les origines de l’humanité. En effet, ces derniers s’affranchissent de l’incomplétude des connaissances à laquelle le scientifique doit, par définition, se soumettre.

    Dans ces récits des origines, ici ou ailleurs, l’imaginaire vient donc combler les vides, et cela plus encore là où les connaissances scientifiques dominent et invitent les sociétés à accepter l’inconfort du doute. Et puisque, s’agissant de Préhistoire, il n’y a que peu à voir, les ressources de l’imaginaire jouent à plein régime dans le domaine des créations audio-visuelles. Ces médias – films, créations sonores, jeux vidéo ou web documentaires, dont la diffusion surpasse largement celles des écrits scientifiques – constituent de la sorte un observatoire particulièrement pertinent pour mieux comprendre l’état actuel des rapports entre savoirs scientifiques, productions culturelles et culture populaire. Car, hier comme aujourd’hui, il n’existait et n’existe pas de barrière étanche entre la « Science » et le reste de la société : nombreuses sont les collaborations entre cinéastes et archéologues ou bien encore, par exemple, entre créateurs de jeux (vidéos ou non) et scientifiques. Ces collaborations prennent des formes variées et s’expriment non sans tensions, polémiques et désaccords, qui, tous, révèlent quelque chose des dynamiques sociales en jeu autour des savoirs relatifs à « nos » origines.

  • On the trail of prehistoric individuals

    Institut National d’Histoire de l’Art (INHA) 2 rue Vivienne, 75002, Paris
    Colloque

    The identification of individuals remains a marginal field of research in prehistoric archaeology. Since the 19th century, our discipline has sought to recognize characteristic objects within archaeological assemblages—first to establish a relative chronology of prehistory, and then to identify archaeological cultures. As a result, these objects - often stone tools - have primarily been understood as technical markers of a given period or culture, rather than as the products of individual craftsmanship. 

    However, in the 1970s, North American archaeology identified the individual as one of the main factors behind the variability of prehistoric artefacts, alongside technical traditions, functional properties of tools, and the raw materials used—thus placing the individual at the core of research. This phenomenon later resonated in France, where, in the 1980s, several studies highlighted the influence of individual variability in flintknapping, particularly in blade production. 

    Following these pioneering studies, certain research themes - such as learning processes and the recognition of skill levels - continued to generate significant interest. However, the identification of individuals has not really taken off, although studies have continued to be published on the subject at more or less regular intervals, especially in recent years in the field of lithic industries.

    Approximately 50 years after J.N. Hill and J. Gunn paved the way (The Individual in Prehistory, 1977, Academic Press), it seems timely to take stock of the current state of research. From the Palaeolithic to the Metal Ages, considering the full range of available materials, how can we attempt to identify individuals through the various types of remains at our disposal? What methods can we employ for this purpose? What
    are their conditions of application, their levels of resolution, and more generally, their advantages and limitations? By using these approaches, what insights can we hope to gain about the social and economic organizations of past societies? Finally, how can we envision the future of this ambitious but undoubtedly complex research theme?

  • Identifier, caractériser et représenter les contraintes par l’étude des usages des ressources par les sociétés, passées et actuelles

    Clermont-Ferrand
    Colloque

    Les communications proposées devront présenter des cas d'étude permettant d'illustrer concrètement comment la notion d'espace contraint a été abordée par les disciplines scientifiques étudiant les groupes humains et les environnements pour la Préhistoire. Comment les différentes formes possibles de contraintes (physiques, climatiques, écologiques, culturelles…) ont-elles été évaluées pour ce qui concerne la recherche, la circulation et la gestion des ressources (minérales, végétales, animales) ? Les communications attendues pourront permettre, par exemple, de discuter des paramètres à prendre en compte dans l’étude des contraintes de relief et des plus courts chemins : relief, paramètres physiques ou biophysiques, types et tailles des groupes humains, etc. Les communications pourront s’appuyer sur des exemples issus de la littérature ethnographique, illustrant l’adaptation de populations à des espaces perçus comme « contraignants » mais néanmoins fréquentés. Elles pourront également présenter des expérimentations menées par les chercheur·ses eux- mêmes, confrontant la pratique directe de ces espaces considérés a priori comme « contraignant » à leur étude, à l’image des travaux en technologie lithique qui ont tiré parti de la taille expérimentale. Enfin, une attention particulière pourra être portée à la relativité de la notion de contrainte, en lien avec l’importance des sites concernés (dimension, fréquence d’occupation et installation, capacité d’accueil, etc.) et leur fonction dans les usages des territoires notamment par rapport aux ressources étudiées (halte ponctuelle isolée, lieu d’installation durable ou réseau d’implantations). Les communications seront également invitées à rendre-compte de leurs réflexions et de leurs choix sur les modes de représentation des formes d'espaces contraints aux différentes échelles de temps et d'espace étudiées ; la cartographie de ces contraintes n’étant pas toujours évidente. Certains éléments topographiques perçus aujourd’hui comme des barrières (grands fleuves, bras de mer) ne l’étaient peut-être pas durant la Préhistoire. La représentation de ces espaces ne saurait donc reposer sur nos perceptions contemporaines ni sur les schémas traditionnels de représentation auxquels nous sommes habitués.